Le métier de miroitier remonte à l’Antiquité, mais il prend vraiment son essor au Moyen Âge, quand les premières techniques de fabrication de verre plat apparaissent. À cette époque, les artisans soufflent le verre pour créer des vitres petites et épaisses, utilisées surtout dans les édifices religieux.

Au XVe siècle, à Venise, sur l’île de Murano, les verriers développent des techniques avancées de soufflage et parviennent à produire un verre plus clair et plus fin. C’est là qu’apparaît le miroir à mercure, vers le XVIe siècle : une couche d’amalgame de mercure et d’étain est posée à l’arrière du verre pour créer un effet réfléchissant.

Au XVIIe siècle, la France devient un centre majeur grâce à Colbert, ministre de Louis XIV, qui fonde la Manufacture royale de glaces de miroirs (future Saint-Gobain). Cela marque le début de la production de grands miroirs, notamment pour la Galerie des Glaces à Versailles.

Au XIXe siècle, avec la révolution industrielle, la fabrication se mécanise, rendant le verre miroir plus accessible. Le métier évolue : le miroitier devient aussi vitrier, posant fenêtres, vitrines et miroirs dans les maisons, commerces et bâtiments publics.

Au XXe siècle, le mercure est remplacé par l’argenture : une fine couche d’argent est déposée sur le verre. Le métier se modernise avec l’apparition du double vitrage, du verre trempé et feuilleté.

Aujourd’hui, le miroitier est un artisan polyvalent, à la croisée de l’art et de la technique. Il travaille le verre sur mesure, intervient dans l’aménagement intérieur, la décoration, la sécurité et même les façades de bâtiments modernes

En résumé, le métier de miroitier est passé d’un art raffiné réservé à l’élite à un savoir-faire essentiel du bâtiment et de la déco contemporaine, alliant tradition artisanale et innovation technologique.